Les cellules souches paraissent de plus en plus comme une voie sérieuse pour soigner de nombreuses maladies nerveuses : Alzheimer, Parkinson, lésions cérébrales … Donc pourquoi ne pas réparer le cerveau des morts pour les faire revenir à la vie ? Ce projet, digne d’un scénario de film de science-fiction (ou d’horreur), est le fou projet porté par une société américaine basée à Philadelphie : Bioquark.

Et ce n’est pas la toute première fois que cette entreprise veut participer à une expérience de ce genre. En 2016, le projet ReAnima est lancé en Inde, à Bangalore, avec Himanshu Bansal, un chirurgien orthopédiste de l’hôpital Anupam. Il avait pour projet de conjuguer plusieurs techniques pour “réanimer” 20 personnes en état de mort cérébrale
Là aussi, l’essai clinique consisterait à injecter des cellules souches du patient, de la graisse, du sang… Ensuite, un mélange de peptides serait injecté dans la moelle épinière pour favoriser la croissance de nouveaux neurones. Ce mélange, appelé BQ-A , a été testé sur des modèles animaux de mélanome et de traumatisme crânien. À cela s’ajouterait une stimulation nerveuse et une thérapie au laser de 15 jours pour pousser les neurones à établir des connexions nerveuses. Les chercheurs pourraient ensuite suivre les effets de ce traitement à l’aide d’électroencéphalogrammes .


Un essai qui donnerait aux familles un faux et cruel espoir de guérison.
Mais un tel protocole soulève de nombreuses questions : comment mener un essai clinique sur des personnes officiellement décédées ? Si la personne retrouve une certaine activité cérébrale, dans quel état sera-t-elle ? Est-ce qu’on donne de faux espoirs aux familles avec un traitement qui risque d’être long ?
Cependant, rien ne suggère qu’un tel protocole puisse fonctionner. La société n’a même pas testé le traitement complet sur des modèles animaux ! Les traitements mentionnés, tels que l’injection de cellules souches ou la stimulation transcrânienne, pourraient être testés dans d’autres situations, mais pas dans le cas de mort cérébrale. Dans un article paru en 2016, la neurologue Ariane Lewis et le spécialiste en bioéthique Arthur Caplan ont rapporté que l’expérience n’avait aucun fondement scientifique et qu’elle donnait aux familles un “faux et cruel espoir de guérison”. “