8 siècles et une santé radieuse ! La Faculté de médecine de Montpellier (Hérault), la plus ancienne du monde toujours en activité, célèbre aujourd’hui ses 800 ans d’existence. Une fête marquée par de nombreuses manifestations tout au long de l’année. À commencer par le lancement du site 800ans.fr qui recense tous les événements : expositions dans les musées et les jardins, tours guidés, spectacles vivants, application mobile interactive, timbre-poste, conférences… Et une grande soirée de clôture prévue pour l’été prochain. Il n’en fallait pas moins pour célébrer ce symbole du patrimoine montpelliérain.

Créée le 17 août 1220 par le cardinal Conrad d’Urach, l’Université de médecine rassemble alors les connaissances du monde entier. Cette effervescence culturelle met la ville à la tête de la recherche et de l’enseignement. “La médecine montpelliéraine est une pratique constante depuis le Moyen-Âge”, affirme Thierry Lavabre-Bertrand, vice-président de l’Université. Avec un pluriculturalisme et une grande attention portée à l’ensemble du vivant, autrement dit à l’homme dans son environnement naturel. Un humanisme déjà résumé en son temps par l’ancien élève Rabelais : “La science sans conscience n’est rien d’autre que la ruine de l’âme”.

Un appel fort aux étudiants
Entre ses illustres médecins, l’école garde aussi les traces (et les portraits exposés) de Rondelet, Chaptal, Nostradamus… Ou encore Barthez et Lapeyronie, avec leurs statues qui gardent l’entrée du prestigieux bâtiment. Appuyé sur la cathédrale Saint-Pierre, au centre de la ville, l’ancien monastère s’étend sur diverses parties : le conservatoire d’anatomie avec 13 000 pièces (parfois stupéfiantes), le célèbre musée Atger et sa vaste collection de dessins artistiques, la bibliothèque avec des milliers d’ouvrages rares et anciens, le jardin botanique, le premier du genre construit par Henri IV en 1593 avec le développement de la botanique. L’institution a toujours proposé une médecine pluridisciplinaire ouverte aux arts.

Actuellement associé aux CHU de Nîmes et de Montpellier (cas unique en France), l’établissement permet de faire avancer les choses dans de nombreux domaines. ” On a différentes visibilités sur la scène internationale en oncologie, neurosciences, psychiatrie, cellules souches, biothérapie… explique Michel Mondain, doyen de l’université. Il y a aussi un axe important en infectiologie, comme nous l’avons vu avec Covid-19 et la validation en cours des tests de salive. On a aussi des instituts de recherche comme l’IRD tourné vers l’Afrique, très actif sur le sida et le virus Ebola… “

L’établissement est également très attractif pour les étudiants, puisqu’il se classe au troisième rang des internats français les plus populaires (après Nantes et Lyon). Il figure également en tête de nombreux classements : 5e CHU de France (classement “Le Point”), université française la plus innovante (Reuters) … De quoi souffler fièrement son 800e anniversaire ce lundi. Et d’honorer la devise qui consacre depuis longtemps l’importance des lieux : “Autrefois, Hippocrate était de Cos, maintenant il est de Montpellier”.